De ma fenêtre

De ma fenêtre
Toulouse, 5 juillet 2014, 21h15

vendredi 5 décembre 2014

Sauvage ontologie 34


Sans grande estime de lui-même, n'ayant,
tout plus ou moins pesé, pas grand-chose
à brandir face au ciel, ni peut-être à l'enfer,
lui qui à l'un pas plus qu'à l'autre ne croit,
pas même un bouclier le protégeant du pire,
escomptant, en un vain tremblement feint,
qu'un rapport vermoulu, fausse charpente
à l'abandon dans le moisi des saisons,
à l'amour, lancé aux passantes de la vie,
ou reçu au creux du ventre, des bras,
des poumons soudain la proie du boa
légendaire, ne parlons pas du cœur,
ne suffirait pas à lui faire endurer
les tortures de l'au-delà, haut ou bas,
se contentant d'accueillir en offrande
celles, déjà bigrement tarabiscotées,
que l'histoire, dès les premières cellules,
lui avait réservées, incapable qu'il était
d'en tirer la moindre leçon, croyant
toujours et encore qu'il suffisait d'ouvrir
portes et fenêtres pour faire entrer l'espoir.
Ainsi, corps ensablé, tête exposée au vent,
l'énigme de l'autre à jamais cadenassée,
allait-il, par les voies routinières de l'illusion,
être ballotté dans ses propres remous,
au hasard de la chaîne des automatismes,
en quête de trois fois rien, un air de musique,
parfois, loin des litanies et des plaintes,
sans idées noires, ni blanches, simple constat
lucide et froid, le début d'une reconnaissance,
de l'acceptation d'un vide, de l'incapacité
à tenir, au creux de la main, un peu d'eau,
écoutait-il en rêvant la pluie sur les cyprès.

(5 décembre 2014)

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