De ma fenêtre

De ma fenêtre
Toulouse, 5 juillet 2014, 21h15

lundi 8 décembre 2014

La nuit 23


La nuit, l'univers est à notre portée,
sitôt le soleil englouti,
le berger tire à lui le ciel, vêtu d'ombres
il guide le crépitement des sabots,
par les chemins de pierres
ou les murmures du sable,
quel bonheur, alors, de frissonner
sous l'effet des étoiles,
sans y reconnaître la moindre figure,
Ourse grande ou petite,
troupeau déjà serré sur la paille,
dans la fumée des museaux,
le froid me jette hélas entre les murs,
foin de bergerie,
l'univers s'éloigne,
je me retrouve, perdu,
la pensée succombe sous le poids
de l'espace, n'en déplaise à Pascal,
je m'enfonce dans l'empreinte du temps
que j'ai, ne sais comment, laissée
derrière moi, sillage si fin
que mes regards coupent court,
s'élancent vers la fraîcheur de
l'inconnu, une fois le sommeil
terrassé par l'inquiétude,
que j'affectionne peut-être,
m'y sentant chez moi,
si ce mot signifie l'effort d'être là,
ou là, j'ouvre la fenêtre, là-bas,
d'un bond, je me fais tour à tour
stylite, joueur de sitar, amant
d'une silhouette au parfum
de jasmin, d'orange amère,
sur un tapis des montagnes.

(8 décembre 2014)
Toulouse, 4 octobre 2014, 8h31. ©JJMarimbert


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