De ma fenêtre

De ma fenêtre
Toulouse, 5 juillet 2014, 21h15

mercredi 24 décembre 2014

La nuit 31


La nuit est parfois un long cri, de joie,
de douleur, de patience, de désespoir nié,
d'étonnement toujours, la nuit tonne,
lance des éclairs au plafond,
disloque les repères,
fait s'effondrer les murs,
s'envoler livres et bibelots,
les vêtements mollement avachis
sur le dossier du fauteuil, dans l'attente
de rien, attente pure, d'un seul coup,
les phares jaunes d'une voiture faisant glisser
le cadre de la fenêtre vers la porte entrebâillée,
accrochant au passage la couverture, les étagères,
le bureau, le majordome sans tête,
font se dresser la chemise et la veste,
les bras levés me font signe de loin,
dans un silence abyssal,
au bout d'une route à l'instant découverte,
sillonnant un paysage de collines, de bosquets
faits d'ombres, d'encoignures,
je suis emporté, ne peux rien contre
la puissance de ce cri dont ma gorge
a le souvenir, d'où vient-il, que dit-il,
je n'en sais rien, ne veux entendre que
l'explosion de joie, c'est cela,
je ne veux rien d'autre,
ni vieillesse des âmes,
ni corps ridés par les ans,
ni fulgurance de l'acidité,
ni froideur des regards,
ni refus d'un amour aperçu, non,
non, le rire de l'enfant,
dans la poussière des chemins escarpés,
en mille éclats illuminant la chambre.

(24 décembre 2014)
Toulouse, 24 septembre 2014, 6h47. ©JJMarimbert


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