De ma fenêtre

De ma fenêtre
Toulouse, 5 juillet 2014, 21h15

mercredi 29 juillet 2015

Sous un ciel de Giotto


Sous un ciel d'un Giotto craquelé,
les statues avancent vers la mort,
reflets de couloirs gris, le marbre ondule,
lieu éparpillé aux quatre coins de la nuit,
mais non, c'est bien là, l'air est dilaté,
les sons se répandent en pulsations nacrées,
des bruits de pas clouent les tympans à vif,
la musique des corps, souples et chauds,
que se passe-t-il, j'ai beau tourner la tête,
personne ne sait ce qui arrive, 
visages penchés sur ce qu'ils cachent
au fond d'eux-mêmes, à l'affût,
paysages africains, américains, indiens,
des canyons, des séquoias,
des temples couverts d'écume,
un puits perdu au cœur des dunes,
chameau tombé dedans, il faut marcher,
aller plus loin, peut-être y a-t-il un village,
un couple s'éloigne, un avion raye la vitre,
le soleil ne se couche jamais,
il faut que je dorme, la fièvre gagne mes os,
les banquettes molles sentent le café froid,
attendre, encore attendre, où es-tu,
la vie se passe à guetter le parfum de ta peau,
si je ferme les yeux, j'entends
les gouttes d'eau tomber des hautes futaies
où les oiseaux nichent,
il n'a pas plu depuis si longtemps,
sur la valise à roulettes, des autocollants
d'hôtels de seconde zone,
les chemins sont à tracer, je me lève,
les hauts-parleurs diffusent un écho
de tamtams, de flûtes, de voix égarées,
la terre tremble sous les troncs creux
habités de divinités rongées de sel,
les femmes dansent et chantent,
dans leurs mains, Giotto a peint
des étoiles, il est temps de partir.

(29 juillet 2015)
Lyon, Aéroport, 30 mars 2012. ©JJMarimbert


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