De ma fenêtre

De ma fenêtre
Toulouse, 5 juillet 2014, 21h15

lundi 27 juillet 2015

La neige, si tendre


La neige, si tendre en hiver, ne décolère pas,
sous les portes, autour des arbres,
sous les ongles et les paupières,
et jusqu'aux os transis d'étonnement,
jamais si grand froid ne s'est vu plein été,
les ramures brûlent, les fleurs s'évanouissent,
les cigales exaspérées dilacèrent les pensées
les plus folles, d'harmonie, de douceur,
mais la neige est patiente, le soleil est naïf,
le neige vient de si loin, et d'un puits si profond,
le soleil fanfaronne, fait la roue à tout va,
pourtant le blanc polaire s'incruste partout,
le cœur bat à contre-temps, les muscles bleuissent,
les traces de pas s'évaporent à peine esquissées,
les rues tremblent dans la lumière de juillet,
la neige, invisible et têtue,
au fond des regards vacants,
n'a de cesse de faire frémir la peau nue,
les rires se fendillent dans un air saturé
de poussière, dans les jardins publics,
les petits font des batailles
de pommes d'amour et d'esquimaux fondus,
de citronnade et de sirop d'anis,
les statues prennent la pose,
de leurs yeux inversés elles fixent
un horizon de banquise, je m'allonge
sur une herbe qui garde l'empreinte des rites,
de chants murmurés dans l'insouciance
du lendemain, alors la neige fond,
et quelques gouttes d'une eau essentielle
roulent au creux des paumes offertes au vent,
au moment où un vol d'oiseaux égaré
file au fin fond du ciel, l'Afrique en ligne de mire,
ses déserts, ses temples silencieux, ses forêts,
à la fontaine un petit arc-en-ciel
perce le nuage de vapeur et
se cache sous le kiosque à musique.

(27 juillet 2015)
Toulouse, Grand-Rond, 26 juillet 2015, 17h16. ©JJMarimbert


3 commentaires:

  1. Sentir ce froid bien de saison ! Quelque banquise, soudain !

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  2. vient de le relire à voix haute, dans le salon sombre, une femme dit, ah oui ça !

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