De ma fenêtre

De ma fenêtre
Toulouse, 5 juillet 2014, 21h15

vendredi 26 juin 2015

La rue ensoleillée suffoque…


La rue ensoleillée suffoque,
lumière d'été, l'air dilate les poumons,
aiguilles plantées sous les paupières,
les mirages fleurissent au ras
du sol peau d'éléphant, étangs de nacre,
au loin, Fata Morgana modèle réduit,
rêve de plage du Nord, mouettes
et coquillages, sable blond, tu sais,
ici, les voitures sont survoltées,
je reconnais ton ombre entre mille,
un rien d'élégance vive, de légèreté,
un bus manque m'attraper par le bras,
façades molles, les terrasses flottent,
j'ai la tête ailleurs, et tout le corps,
le fleuve n'est pas loin, à la source
un filet d'eau gicle entre les roches,
il faut bien une première goutte,
les racines s'accrochent à la terre noire,
les fleurs, minuscules, narguent le ciel,
ici, troncs amassés contre les piles du pont,
sous les coquilles de Saint-Jacques,
branches encore feuillues, détritus,
oiseaux morts, l'eau est si forte,
descendre l'escalier abrupt, rejoindre
la falaise de briques, le ruban d'herbe,
le chemin de halage, le souffle
des chevaux, si puissants,
l'eau s'étire à perte de vue,
j'imagine l'océan, tout là-bas,
patient, repu, masse liquide
où grouille la vie, vertige,
où le soleil se perd, nager,
pâleur des jambes, des pieds,
sur un banc glisse le voile
d'un platane, m'asseoir, apaisé,
joyeux clapotis moiré,
est-ce ton rire au cœur du silence.

(26 juin 2015)
Toulouse, 28 octobre 2014, 17h12. ©JJMarimbert


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