De ma fenêtre

De ma fenêtre
Toulouse, 5 juillet 2014, 21h15

mercredi 18 février 2015

La nuit 61


Délicate est la nuit, jamais venue,
comment savoir si la nuit, ou non,
fragile est la chute, au soleil fondu,
partout se pose une lumière si fine,
si fine que nul ne peut la voir, ni toi,
la nuit protège ou cache, je ne sais pas,
en plein désert, une pluie d'étincelles,
feu éteint depuis si longtemps, écrasé
sous le talon rageur, nuage d'escarbilles,
je marchais, lave noire, éclats de ferrite,
dans la main, brûlante encore du jour,
je mesurais la petitesse de, bras tendu
vers les montagnes violettes, au loin
les dunes aiguisées par le vent, des pas,
non, j'ai cru en voir, d'un coup la nuit,
tant de morts sous le sable, ils sont là,
ciel scintillant sur un océan de cailloux,
allongé, quel vertige, happé, tant d'étoiles,
ici plafond si lourd, tu sais, je parcours
un chemin, toujours le même, le troupeau
de livres accrochés à l'à-pic de plâtre,
le majordome en bois sombre où reposent,
flapis, tant d'efforts vains, les vêtements,
puis les feuilles empilées, le bureau muet,
la lampe, un oiseau, long cou, attentive,
l'être loge partout, la nuit, musique diffuse,
rythmée par les aléas, voitures, talons, cris,
la plus belle, jamais venue, sur ton épaule,
avec pour horizon la lumière sous la porte,
et les îles disparues, la mer est un aimant,
je revis d'y songer, j'entends le clapotis,
le halo du volet me rappelle les canisses,
je m'abandonne au mouvement des vagues.

(18 février 2015)

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