De ma fenêtre

De ma fenêtre
Toulouse, 5 juillet 2014, 21h15

mardi 17 mars 2015

La nuit 70


La nuit est baroque, pâle étiquette, ne dit rien
de ce jeu d'ombres, de ce je, mais l'obliquité,
église dans une ruelle, grand tableau penché,
le glissement des reflets, le flou, un bras tendu
vers qui, il fait froid, je longe palais et places,
dos au mur reprends mon souffle, ton regard,
rien la nuit n'est vu de face, a englouti le ciel,
est ailleurs, je cherche, contourne les obstacles,
des statues orphelines jettent des éclairs mats,
caresser d'une main légère les robes de pierre,
la nuit, séduction pure, douceur de l'absence,
l'espace fluide baigne dans une clarté fuyante,
je scrute l'opaque, les formes ondulent, molles,
effacement, chambre muette, pupilles dilatées,
l'énigme sans cesse masquée oblige à tourner
les yeux, je suis happé, dans un musée infini,
colonnes lancées vers le plafond et les anges,
aux fenêtres, dôme gigantesque et baptistère,
sur le marbre veiné, Dante reçoit l'eau bénite,
est-ce la nuit, est-ce la musique, est-ce un appel,
de petites madones bleues à chaque coin de rue,
je marche depuis si longtemps, ne compte pas,
le lit roule et tangue, j'accueille le vide en moi,
des voix brisent les carreaux, charmantes et gaies,
une image tendue par la mémoire prend le relai,
dérisoire lutte contre le vertige que j'aime tant,
accroché à un visage deviné, je franchis le halo
du volet, tout alors est possible, tu sais, tout.

(18 mars 2015)
Toulouse, 16 mars 2015, 7h21. ©JJMarimbert


Aucun commentaire:

Publier un commentaire